Une rencontre si inattendue 8
Lugrin,
Le 25 /12/1990
Marc,
En ce soir de Noël je ne peux dormir, tout est calme dans la maison, seul mon cœur est bruyant, il tape si fort. Si je t'ai demandé du temps, c'était pour réfléchir à cette bombe qui m'arrivait dessus. Je suis tombée amoureuse de toi le premier jour de notre rencontre. Tu ne t'en souviens sûrement pas, je t'ai télescopée un matin en me rendant à mon travail, nos regards se sont croisés. J'ai alors reçu comme une décharge électrique et puis je me suis raisonnée, tu restais un inconnu pour moi, l'histoire aurait pu s'arrêter là, mais le destin veillait.
Tu ne crois pas qu'il a fallu un concours de circonstances incroyables, pour qu'un soir tu te retrouves à mes côtés au spectacle de Raymond Devos. J'ai bien cru mourir, tu étais assis près de moi, tu t'es mis à me parler, comment te d'écrire mon état, dans quelle confusion j'étais ? Encore une fois, tout aurait pu s'arrêter là, eh ! bien non. Quelques jours avant Noël dernier papa faisait une complication cardiaque, comme tu le sais, et qui servait les cafés ? Toi, c'était trop pour mon cœur. Plusieurs fois j'ai remis nos rendez-vous en prétextant une charge familiale, certes j'étais très prise mais j'avais surtout très peur de moi et de me trahir. J'avais de plus en plus ce besoin de te sentir à mes côtés, je me traitais de folle, je ne pouvais oublier nos années d'écart, mon mariage et que je suis la maman d'Antoine. Avais-je le droit d'entraîner un homme si jeune dans ma vie ? Pour une aventure peut-être, mais pas pour une vraie histoire...
Au cours de nos conversations j'avais noté tes regards, mais comme je ne voulais pas trahir mes propres sentiments pour toi, je n'osais pas les interpréter. Mon amour pour toi en restant une chimère, je ne risquai rien et toi non plus, tu comprends ? Marc qu'as-tu fait avec ta lettre ? Mon Dieu, jamais je n'aurai imaginé possible de vivre ce que je vis aujourd'hui. Nous sommes fous n'est-ce pas ? Marc j'ai pris ma décision, je veux vivre quelque chose d'important avec toi, j'attends déjà ton coup de fil, téléphone-moi vite !
A toi,
Sylviane.
Quelques jours plus tard au bord du lac léman.
« Bonjour Sylviane ».
« Bonjour Marc, je ne sais plus quoi dire, être là près de toi, après tout ce que l'on s'est écrit ou dit au téléphone, je suis... ».
« Oui, je sais, Sylviane on fait une ballade ensemble, rien d'autre, juste toi et moi ».
« Oui, mais on dirait mon tout premier rendez-vous, je suis fébrile comme une gamine de quinze ans ».
« Il n'y aucune raison, nous sommes ensemble, c'est l'essentiel, et c'est à mon tour de te dire combien ta lettre m'a fait plaisir. Quel cadeau de Noël, si j'avais su je t'aurai parlé bien plus tôt, mais vois-tu, tu parles de ton âge, de ta situation comme un handicap à notre histoire. Moi, je crois plutôt que c'est le mien, je n'ai pas encore de travail, je ne sais pas où je serai muté.Tout ça tourne dans ma tête, Sylviane vit ce moment en oubliant tout le reste, je t'en prie, tu ne veux pas t'asseoir sur ce banc ? ».
« Si ».
Marc et Sylviane s'assoient, il fait frais en ce vingt huit décembre.
« Tu veux mon écharpe ? ».
« Non, merci Marc, je suis bien prêt de toi, je n'ai pas froid ».
Un certain temps passe, très lentement Marc et Sylviane approchent leurs mains et se les serrent avec une grande douceur comme pour se dire nous nous aimons. Pas un mot ne sort de leurs bouches, il y a juste leurs corps qui parlent pour eux, tous les deux tremblent d'émotions, c'est un grand pas qu'ils viennent de franchir, ils sont pour la première fois main dans la main.
A suivre...






