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Une rencontre si inattendue 9

       Marc est retourné à Grenoble dans son petit appartement, Sylviane ne cesse de penser à lui, chaque soir ils s'appellent vers vingt heures environ et ils parlent d'amour, d'Antoine, de leurs parents, du monde. Tout y passe, il faut qu'ils se disent ce qu'ils vivent dans la journée, de la chose la plus infime à la plus importante. Sylviane est transformée par cette vague d'amour. Son ami Annie qui ne sait toujours rien la trouve ravissante, elle lui en fait régulièrement compliments. Ses parents aussi se rendent compte du changement d'attitude de leur fille, Sylviane est beaucoup plus souriante, plus dynamique aussi, ils découvrent une fille épanouie comme jamais elle n'avait été.

       « Alors, ma chérie tu as un galant, à te voir si belle, on pourrait le croire, tu peux nous le dire, tu sais, ta mère et moi serions bien contents après tout ce que tu viens de traverser. Sous ses airs durs, crois-moi, elle s'en est fait un sang d'encre pour toi, elle a beaucoup prié ».

      « Oui, je reconnais que vous êtes des parents formidables, je ne sais pas ce que je serai devenue sans vous, oh ! Mon petit papa ».

Sylviane se jette dans les bras de Henri et se met à pleurer.

      « Eh ! Bien ma fille ? ».

       « Ne t'inquiète pas, papa, ce sont des larmes de joie, uniquement de joie ! ».

Ce que n'a pas dit Sylviane à son père, c'est tout son bonheur, mais aussi toutes ses craintes. Comment vont-ils accepter Marc ? Vont-ils comprendre leur attachement sincère ? Et leur différence d'âge ? Est-ce que ils ne vont pas avoir peur d'un nouvel échec, d'une nouvelle rupture ? Ne vont-ils pas vouloir la protéger d'elle-même ? Ne sont-ils maintenant pas trop dans sa vie ? A-t-elle le droit de choisir son existence sans leur approbation après tout ce qu'ils ont fait pour elle ? Tout se bouscule dans sa tête, elle en parle un peu avec Marc mais elle n'ose pas non plus trop lui montrer ses appréhensions. Et les parents de Marc comment vont-ils réagir en voyant débarquer la petite amie de leur fils unique, divorcée avec un enfant et âgée de trente deux ans ? Le bonheur de Sylviane est mêlé de questions, sa vie en surface est normale, classique, et peu paraître même banale, mais tout son être vibre jour et nuit. Son corps est en émoi, son esprit aussi, vivre un amour secret est un puissant moteur d'adrénaline. Elle a deux vies, celle avec Antoine et ses parents, à son travail et celle avec Marc...

       « Maman, papa, merci de me prendre Antoine chez vous ce week-end ».

       « Va ma chérie, et détends toi bien, ne te fait aucun souci, tout se passera bien ».

Sylviane embrasse Antoine qui a encore fait une poussée, il est trop mignon avec ses cheveux coupés courts comme son grand-père et ses deux dents de devant en moins, elles ont mis longtemps à tomber mais c'est fait. Chaque jour qui passe le transforme en un vrai petit homme, il vient de fêter ses sept ans l'âge de raison, comme il est fière de le dire à sa grand-mère Paulette.

       « Mamy, je suis grand maintenant, maman ne risque  plus rien, je suis là, j'ai l'âge de raison, je suis l'homme de la famille ».

Sylviane n'a pas vraiment dit la vérité, certes elle se rend bien à Grenoble chez une amie mais surtout elle va voir Marc chez lui. Elle a l'impression de trahir toute sa famille, de faire l'école buissonnière ou d'être une héroïne de roman à l'Anna Karènine qui oublie tous les principes moraux qui lui ont été inculqués. Son amour est plus fort que tout, elle ne peut faire autrement

       « Pile à l'heure, c'est beau les chemins de fer français quand ça marche, bonjour Geneviève ».

       «  Chère Sylviane as-tu fait un bon voyage, il n'y avait pas trop de monde avec les vacances scolaires ? ».

       « Je m'attendais à pire, ça allait encore, j'ai été debout tout le long  enfin tu connais ce trajet toi aussi ».

       « A qui le dis tu, alors tu as un amoureux ? Voyons cela il s'appelle Marc et quoi encore, dis-moi tout, je sera muette comme une tombe puisque c'est si secret ».

        « Pour le moment, je préfère que mes parents et mon fils ne soient pas au courant, tu comprends cette relation débute et... ».

       « Et quoi ? ».

       « C'est un étudiant, il apprend à l'université pour devenir professeur des écoles, tu comprends, il est plus jeune que moi et il n'a pas encore de poste ».

       « Ah ! Bien ça alors, toi t'es amoureuse d'un étudiant, ma chérie, il est beau au moins ? Ecoute, après ce que tu en as bavé, tu peux te prendre du bon temps, je serai muette ».

       « Pour ta gouverne, je l'aime vraiment et en plus il est beau ».

       « Ecoute tant mieux, moi, je reste l'alibi, tu le vois quand  ton amoureux ? ».

       « Tu ne m'en voudras pas, il me retrouve à dix huit trente, chez toi ».

       « Ok, pas de problème, et puis comme ça je le verrai au moins ton apollon ».

       A suivre...

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