Le manteau de l'oubli (début) 1
Tout doucement elle entrouvre ses paupières, une lumière froide l'aveugle, elle referme ses yeux. Elle sent dans un de ses bras comme des picotements, elle essaie de faire bouger un de ses doigts. Elle arrive à lever son pouce droit. Elle ressent une vive douleur, elle voudrait pouvoir le dire, appeler mais elle n'y arrive pas. Aucun son ne sort de sa gorge qui est comme bloquée. Elle entend des bribes de voix et sent comme une odeur d'éther. Elle devine qu'elle est dans un hôpital.
Quelque chose de lourd lui encadre le cou, la nuque et la tête, son bras et sa jambe gauche sont immobilisés. Elle tente malgré tout de bouger. Une sorte de vertige la terrasse. Sa tête devient floue, elle prend peur, elle respire fort, elle se demande bien ce qu'elle fait là et pourquoi elle ne peut plus bouger, ni parler.
Tout d'un coup, elle entend toquer à une porte, la sienne ? Un homme d'une cinquantaine d'années environ se présente.
« Je suis le professeur Meyer, je m'occupe de vous ».
Avec une grande douceur, il lui prend la main droite et lui dit :
« Allez, serrez-moi fort, bien fort ».
Dans un immense effort, elle presse la main du professeur.
« C'est bien il y a du progrès, voyons votre regard, suivez bien mon doigt, oui, voilà, c'est très bien. Vous êtes de nouveau parmi nous madame Texier. Souvenez-vous, vous avez eu un accident de le route, il y dix jours. Vous avez eu beaucoup de chance, un camion vous a percuté de plein fouet. Vous avez une forte commotion cérébrale, une belle entorse de la nuque, une fracture du tibia et de votre épaule gauche, plus quelques jolies contusions ».
Mon Dieu mais qu'est-ce qui se passe ? Je me souviens de rien, c'est le trou noir et j'ai si mal, des larmes coulent sur ses joues.
Très gentiment le docteur lui tamponne les yeux et lui dit :
« Vous sortez d'une grosse épreuve, reposez-vous ».
Me reposer, alors que je me souviens de rien, je ne sais même plus qui je suis...
C'est qui cette madame Texier ? C'est moi, j'ai quel âge, qu'est-ce que je fais comme travail, je suis mariée ? J'ai des enfants ? Des parents ? Au secours, aidez-moi, je ne sais plus rien...
« Ma chérie, tu es à l'hôpital d'Ambilly, tu as eu un accident de voiture. Ils doivent te garder pour te soigner, tu es encore trop fatiguée pour rentrer à la maison avec nous, Baptiste t'attend. Nous t'attendons tous ma chérie, nous sommes si heureux que tu sois en vie, tu as reçu des fleurs et des cartes d'un peu tout le monde, de mes parents, de tes frères et de tes collègues. Tu ne peux pas encore avoir de visites sauf de la famille proche. Il faut que tu te reposes ».
« Mais qu'est-ce qu'ils ont tous avec leur repos et d'abord qui c'est celui-là, il me parle, il me parle, il m'appelle ma chérie, il doit bien me connaître, et ce Baptiste, c'est qui ? Il a quel âge ? Et de quelle maison il parle... Il porte une alliance, est-ce que cet homme assis à côté de mon lit et qui me tient la main pourrait être mon mari, il a dit pour les visites, uniquement la famille proche ? ».
« Tiens, ma chérie, c'est une ardoise magique, le professeur m'a dit que tu pourras bientôt te servir de ta main droite, elle est juste engourdie par toutes les piqûres. Quand tu iras mieux, tu pourras demander ce que tu veux, pendant quelques temps encore tu ne pourras pas parler. Tu as été intubée mais ta voix va revenir, il faut juste du temps ».
Du temps, du temps, moi ce que je veux, c'est savoir qui je suis maintenant.
A suivre...
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Louise dit | Coucou ma Foise, |
foise dit | bonne continuations,c'est mieux les lettres plus large,j'accroche bien comme ça .bisous. |
Nuitarius dit | Amnésie quand tu nous tiens. Je me demande ce qui va arriver à cette accidentée ! |






