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Louise

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Ce blog est une invitation sur le chemin des nouvelles, des contes, et de la poésie. Si un regard peut créer l'univers les mots peuvent le transcender. Il y a aussi des collages, de la sculpture, des pensées. Avec toutes mes amitiés. Louise (tous les textes sont protégés par copyright)

Le manteau de l'oubli (6)

Vendredi 19 Octobre 2007, 17:17 GMT+2Par LouiseCet article a été lu 0 fois

       « Nicole, je suis si triste de ne plus rien connaître de mon passé que je me cognerai la tête contre les murs. Je veux redevenir comme avant l'accident. J'avais un merveilleux métier, un métier que j'avais choisi, un mari que j'aimais, un magnifique petit garçon et mon cerveau ne se souvient de rien. Je n'ai plus l'impression de vivre vraiment. J'ai peur, tout le temps de ne pas reconnaître quelqu'un, un endroit. Je n'éprouve pas de sentiments pour ma famille, pour vous mes amis et collègues. Je sais qui vous êtes puisque vous vous présentez à moi, mais c'est tout.

       En plus, je sens bien qu'on me cache quelque chose, il y a des phrases que l'on ne termine pas lorsque je passe devant certaines personnes, et mes frères sont si distants. Frédéric évite de répondre à mes questions ou ne me dit pas tout. Je le pressens, j'ai perdu la mémoire d'avant mais je suis capable de ressentir des impressions. Nicole, toi qui te dis mon amie, es-tu au courant de ce que l'on me cache ? ».

      « Tu sais, je crois qu'il faudrait que tu ailles voir un psychiatre, il pourrait peut-être t'aider à retrouver la mémoire ».

       « Je vais aller voir le professeur Meyer et il m'indiquera un bon psychiatre, je vais le faire, bon sang ! Tu me connais, je veux savoir. Mon corps me fait encore souffrir mais c'est mon esprit qui est comme un feu intérieur qui me dévore, je touche le fond, tu vois que toi aussi, tu ne réponds pas à ma question ! ».

Quinze jours après sa conversation avec Nicole.     

       « Bonsoir madame Texier, asseyez-vous, je vous prie »

       «  Merci »

       « Voici la lettre du professeur Meyer ».

       « Voyions cela ».

 
Durant cinq bonnes minutes Nathalie attend, elle voit les yeux du psychiatre suivrent les lignes, elle se demande ce que le professeur Meyer a écrit.

       « Bon, bon, eh ! Bien nous allons commencer à travailler dès aujourd'hui. Je vous écoute ».

Elle ne trouve rien à dire pendant plusieurs minutes, elle remarque les marques de poussière sur le bureau et les nombreux dossiers empilés ça et là. La pièce est plutôt vieillotte. Elle ne peut croiser le regard du médecin, ses mains tremblent et ses lèvres bougent toutes seules. Elles s'essuient des larmes qui lentement coulent sous ses joues. Le docteur Barrieux a du métier, c'est un homme de plus de cinquante aux tempes grisonnantes avec un petit ventre rond, il est habillé d'un jean clair et d'un pull vert pomme, seule note gaie. Nathalie comprend qu'il désire qu'elle parle mais les mots se coincent dans sa gorge, elle a retrouvé la parole mais là devant lui, elle se sent terriblement angoissée.

       « Vous êtes mariée n'est-ce pas ? ». 

       « Depuis quatre ans ».

       « Vous avez des enfants ? ».

       « Un ».

       « Quel est son nom ? ».

       «  Baptiste ».

       « Quel âge a-t-il ? ».

       « dix sept mois ».

       « Vous exercez un métier ? ».

       « Pompier ».

       « Où ? ».

       « A  la caserne d'Annemasse ».

En quittant le cabinet du docteur, Nathalie n'a plus de jambes et souffre de très fortes céphalées. Elle marche avec prudence, heureusement Frédéric l'attend juste en face. Une fois installée dans la voiture, elle fond en larmes, de grosses larmes, plus rien n'existe, elle est envahie par sa souffrance. Son mari trouve les gestes et les mots justes, il ne la questionne pas sur son entretien, il comprend. Nathalie est encore souvent fatiguée et triste, elle mange peu, dort mal malgré les médicaments mais elle arrive à faire les repas et à tenir à peu près son ménage. Les lessives attendent parfois et le linge n'est pas toujours repassé, mais l'un dans l'autre avec l'aide de Frédéric et de sa belle-mère qui vient de temps en temps, elle s'en sort.

Elle se rend une fois par semaine aux séances, la relation commence à s'établir, elle prend confiance. Son psychiatre lui pose toujours autant de questions car elle ne peut pas encore parler naturellement, elle a toujours de la peine avec les mots mais elle persiste, elle veut savoir d'où viennent ses troubles de la mémoire, d'autant que le professeur Meyer lui a expliqué qu'il n' y avait plus de raisons spécifiquement médicales  à sa perte de mémoire et qu'il était tout à fait favorable à ce qu'elle entame une analyse.

A suivre...

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MCM dit

Il y a des secrets dans cette famille. Attendons la suite...

Vendredi 19 Octobre 2007, 21:02 GMT+2 | Retour au début

elle dit


j'espere que le psy va l'aider a ouvrir toutes ces cases qui sont fermees.
cette femme souffre des non-dits heureusement qu'elle a un mari present
merci louise bisou

Vendredi 19 Octobre 2007, 22:10 GMT+2 | Retour au début