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Le manteau de l'oubli (10)

             « Madame, je peux faire quelque chose ? »

  « Un quoi, non, je ne sais pas… »

   « Vous êtes assise par terre depuis un bon moment, je vous regarde, vous êtes malade ? Vous êtes très pâle, est-ce que vous désirez que j’appelle quelqu’un pour vous ? Un mari, des enfants, des parents ? »

         Le lendemain au cabinet du psychiatre

       « Ne vous en voulez pas, c’est le risque d’une analyse, on ne sait jamais comment cela va tourner, il est rare de ne pas vivre de tels moments. Je suis avec vous, vous n’êtes pas seule, faites- moi confiance, vous verrez nous allons y arriver ».

          « Docteur, aidez-moi, elle rit, elle pleure toute à la fois. Elle se lève, elle est terrorisée, elle est très mal, elle est d'une nervosité extrême, elle tremble de tous ses membres »

         « Criez, sortez votre chagrin, allez y ! »

       « Je ne peux pas, c'est trop difficile, il n'a pas de mots pour décrire ce que j'ai fait, j'ai tué ma grand-mère, je l'ai tuée. Vous comprenez, c'est tout de ma faute, je n'ai pas pu la sauver, je suis pompier, et, elle est morte dans mes bras, je n'ai rien pu faire, rien ».

         « Prenez ce fauteuil »

        « J'en veux pas de votre fauteuil, je m'en fous de votre fauteuil. J'ai pris la voiture pour aller faire des courses pour aller au supermarché. Baptiste était à à la crèche, c'est Frédéric qui devait aller le chercher. Nous étions si heureuses, si complices, nous avons tellement partagé. Il faisait si beau, je ne roulais pas vite mais ce soleil, il était si violent. Je ne l'ai pas vu venir ce maudit camion. Un flash puissant, le bruit des freins et son hurlement. Je n'ai pas su la protéger, je suis pompier, "Sauver ou périr". Elle m'a tout donné, et moi, j'ai braqué le volant pour partir sur la gauche et j'ai porté tout mon corps contre la vitre, ma tête, mon épaule, j'ai laissé ma grand-mère mourir. Vous comprenez, elle est morte à cause de moi !

         « Frédéric, comprends-moi, je l'ai entendue et je l'ai vue morte avant de sombrer dans l'inconscience. Elle m'a élevée ainsi que mes frères. Elle a tant fait pour nous trois après la mort de nos parents. Je ne veux pas qu'on vende la maison, je veux qu'on l'achète, elle doit rester dans la famille. J'avais seulement treize ans quand maman est décédée des suites d'un cancer. Papa, comme tu le sais nous avons quitté quatre ans plus tôt du cancer aussi. Elle n'a pas hésité une seconde, elle est venue vivre avec nous, et elle a fait des ménages. Sans elle, jamais je n'aurai pu être pompier, jamais, je lui dois tout. »                                 

A suivre...

Vos commentaires

1 Le Lundi 22 Octobre 2007 à 23:40 GMT+2, par MCM

La voilà délivrée d'un poids!!

2 Le Mardi 23 Octobre 2007 à 07:35 GMT+2, par Mandy

Bonne journée... bizzzz...

3 Le Mardi 23 Octobre 2007 à 12:59 GMT+2, par franck

gloups! Allez au plus profond de la souffrance dans l'espoir de la combattre, c'est dangereux ! j'espère qu'elle va s'en sortir!!!
on y croit!!!
;)

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