Opus VI Meurtre au salon de coiffure "'pour Elle"
« Intéressant, très intéressant même, c’est bien ma petite vous avez fait votre devoir, nous allons peut-être pouvoir faire avancer l’enquête mais il faudra m’en dire un peu plus sur vos sources, allez vous asseoir. »
Sylvie ne décolérait pas, les autres n’en menaient pas larges non plus.
« T’es folle de raconter ça à la police, ce ne sont que des rumeurs, des bruits, ça plus de dix ans qu’il est ouvert son salon, ça ne t’a pas échappé que nous avons la clientèle huppée, le gratin. Tu crois qu’elle viendraient ces dames si elles croyaient tous ces potins. C’est de la jalousie, parce qu’il a piqué la clientèle aisée à tous les autres salons de la ville, ce que t’es bête ma pauvre fille, tu peux te vanter de nous avoir mis dans la merde. Ta petite cervelle n’a pas pensé, t’es toute jeune, tu ne connais rien à la vie, t’as réfléchi à notre avenir. »
Sophie était bouleversée, elle se retrouvait bloquée dans un endroit clos avec un cadavre à peine refroidi, celui de son patron. Elle était entourée de policiers impressionnants, et, de ses collègues qui n'étaient pas du tout aimables. Elle aurait espéré un peu de réconfort de la part des autres employées mais elle venait de comprendre qu’en parlant, elle n'avait pas respectée la règle d'or du silence. Elle se les était, toutes mise à dos. Quelle matinée ! Des larmes coulaient le long de ses joues en silence et elle se mit à trembler de la tête au pied…
« Vous la responsable du salon, venez vers moi. »
« Qu’est-ce que vous me voulez, j’ai rien à vous dire, vous ne m’aurez pas avec vos grands airs, je ne suis pas comme la gamine. »
« Madame, veuillez modérer vos propos, vous êtes face à un officier de police en fonction. »
« Comment se comportait votre patron avec vous ? »
« Il était très gentil, pourtant il exigeait du bon boulot, de l'excellent boulot même, il nous envoyait régulièrement en stage à Paris, il nous faisait confiance, on a toutes plaisirs à venir travailler au salon, enfin je veux dire, on avait toutes du plaisir à venir au salon parce que maintenant… »
« Est-ce que votre patron recevait des visites ou des coups de fils curieux ces derniers temps, le trouviez-vous différent avec vous, avec la clientèle, était-il plus nerveux ? »
« Non, il était toujours le même, toujours le premier arrivé et le dernier parti, toujours aussi professionnel, jamais un ton plus haut que l’autre. Quand à ses visites, et, aux coups de fils, il en avait c’est sûr mais je m’en mêlais pas, c’était mon patron. »
« Est-ce que vous lui connaissez des ennemis, des gens susceptibles de lui en vouloir ? »
« C’est difficile à dire, bon, il n’était pas toujours bien accepté dans la profession, il avait fait ses études à Paris, il était originaire de Marseille, c’est un peu loin de chez nous tout ça. Vous savez les gens d’ici, des fois enfin vous voyez. Eh puis ! Il avait de l’argent, beaucoup d’argent, il vivait bien. Il était connu pour ses goûts de luxe, ses fêtes, il partait toujours en vacances au bout du monde, il a plusieurs belles voitures. Alors des envieux, il en avait, des ennemis, je ne peux pas vous dire, ce que je peux vous dire, c’est que pour nous c’est une grande perte ».
A suivre...
Par Louise, Mercredi 31 Octobre 2007 à 10:12 GMT+2 dans Polar (article, RSS)






