Opus VIII Meurtre au salon de coiffure "Pour Elle"
« Alors remise, je peux continuer à vous interroger ? »
« Oui, ça va
mieux. »
« Vous me disiez que la porte était ouverte, donc il n’y a pas eu d’infractions, l’assassin est donc rentré en même temps que sa victime ou bien avait une clef. »
Le policier durant un instant ne posa plus de questions, avec sa main droite, il se caressait le menton d’où pointait une barbe naissante, sans doute n’avait-il pas pris le temps de se raser. Il ne devait pas être appelé pour un homicide tous les matins.
« Qui d’autre que vous a une clef du salon ? »
« A part la femme d’André, je ne vois pas, non, je ne vois pas. »« Même pas la femme de ménage ? »
« Non, parce que nous faisons le ménage chacune à notre tour, c’est compris dans notre contrat de travail, une fois tous les six mois une société de nettoyage vient faire les gros travaux comme les plafonds, les murs, et, les vitres mais c’était André ou moi qui leur ouvrions. »
« Bien, est-ce que madame Darelle aurait des raisons d’en vouloir à son mari, est-ce que vous croyez qu’ils s’entendaient bien. »
« Vous ne pensez pas que ce soit Liliane, la meurtrière. En fait, je ne peux rien vous dire, tout ce que je sais c’est que la femme d’André ne descend au salon que pour ses couleurs une fois par mois, c’est Josy, notre coloriste qui s’occupe d’elle. »
« Et vous, comment vous appelleriez vos relations avec votre patron ? »
« Avec André, comme je vous l’ai dit tout à l’heure strictement professionnelles, tout comme moi, il aimait le travail bien fait, notre métier est un métier d’art, vous comprenez, il demande de l’investissement, de la rigueur, et, de l’énergie. Nous avions les mêmes idées et il me faisait toute confiance pour mener l’équipe. »
« Qu’est-ce que vous pouvez me dire de votre équipe ? »
« Nous sommes cinq en tout, il y a Magali, Aline, Josy, Sophie et moi. Sophie est notre apprentie, elle n’est là que depuis une semaine, elle est en stage scolaire, elle est sous la responsabilité de son lycée. Elle veut devenir coiffeuse, elle fait un essai six mois avant de s’engager dans un vrai apprentissage. Elle s’occupe des shampoings, elle prend soin des clientes, leur offre à boire, fait ce que toutes apprenties font dans les salons. Josy est notre coloriste attitrée, elle a été formée à Genève, elle est très sérieuse, méthodique et a un grand esprit créatif, elle a gagné plusieurs concours, les clientes l’apprécient beaucoup. Il y a Aline, c’est la plus ancienne après moi évidemment dans la maison, elle s’occupe des coupes, elle est visagiste, elle travaille rapidement et bien, elle est la plus douce du salon, les clientes l’aiment pour sa gentillesse et son professionnalisme. Il y a Magali, elle fait tout ce qu’il y à faire dans le salon, elle n’a pas encore terminé son apprentissage, elle passe son examen en juin, elle s’applique, elle n’a pas toujours bon caractère, elle vient d’un foyer, sa vie n’a pas été rose tous les jours, alors je dois la cadrer parfois mais elle va s’en sortir et les clientes l’encouragent. »
« C’est votre patron qui sélectionnait les apprenties, cela ne vous semble pas étrange qu’un salon si chic embauche des jeunes filles en difficultés ? »
« Non, pas du tout, c’est André qui depuis le début de l’ouverture de son salon a toujours fait comme ça, à cause de son enfance, lui aussi a connu les foyers, et, des difficultés scolaires. »
A suivre...






