Opus XIII Meurtre au salon de coiffure "Pour Elle"
Quinze jours plus tard en milieu d’après-midi, le salon était bondé, tous les fauteuils étaient pris, toute l’équipe s’affairait à satisfaire les clientes quand tout à coup, tout s’arrêta net dans le salon, les peignes restèrent suspendus au-dessus des têtes, toutes retenaientt leur souffle. L’information venait de la radio locale, l’assassin présumé du salon de coiffure « Pour Elle » venait d’être arrêté et était placé en garde à vue.
C’était l’abasourdissement, après un instant de grand silence, les langues se déliaient, c’était une vraie ruche en crise. La patronne se mit à pleurer, elle ne savait si ce n'était de soulagement, de peur, ou de joie, de savoir qu’enfin elle pourrait mettre un nom, et, un visage sur celui qui lui avait enlevé son mari et le père de son enfant
« Je vais me rendre au commissariat de police pour en savoir plus. Mesdames excusez-moi, je suis dans l’obligation de vous laisser, Sylvie vous terminerez madame Dupin s’il vous plaît, il ne reste que le brushing à lui faire, je reviens le plus vite possible. Je sais que ça tombe mal avec tout le travail que l’on a mais je me dois d’y aller. »
« Ne vous faîtes pas de soucis madame Darelle, nous avons la situation en mains, allez-y seulement. »
« Vous croyez que c’est vraiment l’assassin, celui qui aurait tué André, quelle histoire tout de même, ce serait temps, pauvre petite, elle a bien eu du courage en tout cas, reprendre l’affaire comme ça et avec un enfant en bas âge, elle est si jeune. » Demanda une cliente.
« Vous savez, elle est jeune mais elle a du caractère, elle sait faire face, croyez-moi. » Répondit Sylvie.
« Je suis madame Darelle, pourrais-je parler à l’inspecteur Legendre, j’ai appris par la radio l’arrestation du meurtrier présumé de mon mari, j’aimerai en savoir plus. »
« Asseyez-vous là madame Darelle, je vais me renseigner. »
Le policier en poste à l’accueil prit le téléphone.
« Martin, tu peux demander à Legendre de venir voir, il y a une dame qui l’attend en bas, c’est au sujet de son mari. »
Liliane tremblait dans son coin, il ne faisait pas chaud dans ce commissariat et puis elle était si émue. Elle avait hâte de connaître le meurtrier et en même temps elle était envahie par la peur. Peur de savoir, peur que ce ne soit pas le bon, peur d’un peu tout, comme si ses nerfs allaient craqués après avoir si bien tenu le coup. Son cops entier lui faisait mal, sa tête t’embourinait fort. Elle prit dans son sac un efferalganodis cinq cent milligrammes, et, se mit à le sucer en attendant l’inspecteur, et pourquoi, lui qui avait été si prévenant ne lui avait-il pas téléphoné aussitôt, tout s’emmêlait, s’entrechoquait. Elle se revit lorsqu’elle avait appris l’assassinat se son mari, elle était heureuse, venant de coucher Théo dans son lit, puis, cette sonnerie, et ses policiers, qui sans ménagement lui ont annoncé la mort d’André. Elle ressent encore aujourd’hui cette onde de choc, plus rien n’existait, elle était déchirée. Le meurtrier n’avait pas fait qu’une seule victime, mais trois, son fils et elle, puis les images de la morgue défilèrent devant ses yeux, ses frissons à la découverte d’André froid, les yeux clos, à jamais loin d’elle. Etait-ce l’homme qu’elle aimait ce cadavre ? Il y a une telle distance entre la vie et la mort. Pourquoi leur avait-on fait tant de mal, pourquoi avait-on détruit leur vie ?
Elle en était là quand le policier de l’accueil l’interpella et lui dit.
« L'inspecteur Legendre descend. »
A suivre...
Par Louise, Lundi 5 Novembre 2007 à 11:45 GMT+2 dans Polar (article, RSS)






