Opus XVII La vie de Mélanie (début)
D’instinct, les arbres aussi s’offrent à l’endroit droit comme des soldats montant la garde, ils sont fiers de se montrer, riches de leurs feuilles dorées et rouges, même les brins d’herbe jouent le jeu, ils font les braves malgré l’approche de l’hiver, au passage des pas des habitants des lieux. Il faut dire que les êtres qui résident dans cette demeure sont un peu particuliers, ils y vivent leurs derniers mois de vie. Ce pourrait être un lieu glacial, terrifiant, épouvantable, un théâtre où ne se jouerait que des drames et, bien, croyez-moi, c’est tout le contraire. L’histoire que je vais vous raconter en est à elle seule la preuve.
« Alors madame Dupuis, vous avez fait la causette avec monsieur Vallois, le séducteur de ces dames, vous avez faire des jalouses, croyez-moi. Vous voulez regarder la télévision ou bien préférez-vous lire un livre ou faire votre tricot ? »
« Ben ce soir, je vais lire un peu et si vous avez le temps de revenir un moment, je vous ferai la causette. »
« Tenez votre livre, c’est quoi ? »
« C’est un livre magnifique sur le bonheur en littérature 1, 2, 3… bonheur ! »
« Je viendrai après mon service, Virginie arrive à vingt heures trente, le temps de faire la transmission et je resterai un moment avec vous, à tout à l’heure. »
« A tout à l’heure Marilyne, vous êtes un vrai rayon de soleil. »
Mélanie est bien calée contre un oreiller moelleux, elle lit tranquillement à l’abri d’une douce lumière. Elle a pris ses cachets contre la douleur, l’équipe médicale fait de son mieux pour enrayer ses maux, elle se sait soutenue et suivie. Depuis qu’elle est arrivée à Bel Horizon, elle est beaucoup mieux, elle peut même marcher à nouveau, ce qu’elle ne pouvait plus faire chez elle. Elle tricote même un peu, et, surtout elle n’est jamais seule, il y a toujours quelqu’un pour lui venir en aide en cas de problèmes. Elle présente un très beau tableau avec ses cheveux tout blancs qui lui arrivent juste aux épaules, son teint pâle, et, ses yeux d’un bleu couleur océan. Son sourire est si naturel et si aimant que vous ne pouvez que l’aimer. On dirait par moment une grande dame et par d’autres instants une petite fille qui retrouve des joues légèrement rosées, et, de la joie dans le regard, elle est belle et pourtant elle va bientôt mourir.
A suivre…
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hauteclaire dit | Un sujet douloureux, semble t-il. Mélanie est sans doute celle que nous serons toutes. |
MCM dit | Je reviendrai dimanche pour lire la suite. |






