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Louise

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Ce blog est une invitation sur le chemin des nouvelles, des contes, et de la poésie. Si un regard peut créer l'univers les mots peuvent le transcender. Il y a aussi des collages, de la sculpture, des pensées. Avec toutes mes amitiés. Louise (tous les textes sont protégés par copyright)

Opus XIX La vie de Mélanie

Dimanche 11 Novembre 2007, 12:31 GMT+2Par LouiseCet article a été lu 0 fois
Pendant quelques minutes Mélanie quitte sa chambre, elle se revoit retirer de l'eau les têtards dans la rivière non loin de chez elle, elle sent le vent dans ses cheveux quand elle pédalait à toute allure, elle goûte à l'odeur des fromages et à la rudesse des mains de son grand-père lorsqu'il lui caressait la joue. Elle entend les cris joyeux de ses petits frères à la vue d'un bonbon que leur donnait les jours de fêtes leur mère Séraphine, une femme forte et digne, très laborieuse toujours levée avant l'aube et couchée très tard après avoir terminée toutes ses tâches quotidiennes, et, elles étaient nombreuses. Le ménage, les lessives au lavoir qui se trouvait à dix minutes à pied, elle devait aussi prendre les commandes auprès du colporteur, mettre sur les étagères les denrées, faire la caisse, veiller sur ses enfants et être la femme de Paul.
Elle ne savait pas ce que c'était de s'arrêter un instant. Le seul moment qu'elle s'accordait, c'était le dimanche matin, elle s'habillait de sa plus belle robe de serge noire et d'un manteau presque à toutes les les saisons, et, surtout, elle ne s'y serait jamais rendue sans son chapeau en feutre noire et ses gants. Mélanie aimait voir sa mère ainsi vêtue et détendue ce qui n'était que trop rare.

« Oh, Marilyne, je me suis perdue dans mes pensées de petite fille, je sentais même l'odeur un peu vieille de la maison, je ressentais le froid des hivers et la beauté des automnes, la chaleur de l'été, j'étais redevenue la petite fille de l'épicière et du cordonnier. Au fait, je te tutoie, tu n'es pas contre au moins, tu sais c'est affectueux de ma part. »

« Oh non ! Si vous saviez comme je suis bien avec vous, moi, qui n'est pas connue ma grand-mère paternelle, j'aime tant vous écouter raconter, vous le faites si bien, c'est un plaisir que d'être en votre compagnie, et, puis pour tout vous dire ce soir, j'étais un peu triste. »

« Triste, mon petit, pourquoi, tu ne devrais pas. »

« Çà, je sais mais vous voyez, c'est le problème de l'amour, mon petit copain m'a annoncé par texto qu'il me quittait, je dois le voir demain pour que l'on se rende nos affaires, il a des bouquins à moi, des CD, des DVD et puis surtout il doit me rendre sa bague et, moi la mienne. »

« Oh ! Comme je te comprends, moi, aussi j'ai eu un grand chagrin d'amour. »

« Ah! Oui. »

« J'étais toute jeune fille, j'avais seize, j'étais comme on disait à l'époque placée chez des bourgeois en Suisse à Berne. Ils étaient français, ils s'appelaient monsieur et madame Richard, ils connaissaient mon grand-père pour ses fromages, c'était des montagnards et des bons vivants. Aussi, lorsqu'ils lui ont dit chercher une bonne et bien j'ai fait l'affaire. J'avais mon certificat d'étude, première du canton, et j'étais bien élevée, et, surtout je savais ce que travailler voulait dire. Avec ma mère à l'épicerie, je ne chômais jamais, et, aussi je m'étais occupée de mes deux frères. Enfin, depuis quatre ans je travaillais chez eux environ douze heures par jour à leur service quand je fis la connaissance de leur fils unique Pierre. Je me souviendrais toute ma vie lorsque je l'ai vu pour la première fois, avec son grand manteau noir et son chapeau et ses gants, il faisait grand seigneur, et, ses yeux, il avait de ses yeux d'un bleu lumineux et transparent à la fois, il revenait des états-Unis où il avait fait ses études d'ingénieur. Je fus tout de suite conquise. J'ai caché mes sentiments, ils étaient nichés au fond de mon cœur, il me suffisait de le croiser ou d'entendre sa voix pour être au paradis. »

A suivre... 

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MCM dit

Elle est très émouvante cette nouvelle, tu n'as pas mis à suivre, mais je pense que l'histoire n'est pas finie.

Dimanche 11 Novembre 2007, 15:44 GMT+2 | Retour au début