Opus XIX La vie de Mélanie
« Oh, Marilyne, je me suis perdue dans mes pensées de petite fille, je sentais même l'odeur un peu vieille de la maison, je ressentais le froid des hivers et la beauté des automnes, la chaleur de l'été, j'étais redevenue la petite fille de l'épicière et du cordonnier. Au fait, je te tutoie, tu n'es pas contre au moins, tu sais c'est affectueux de ma part. »
« Oh non ! Si vous saviez comme je suis bien avec vous, moi, qui n'est pas connue ma grand-mère paternelle, j'aime tant vous écouter raconter, vous le faites si bien, c'est un plaisir que d'être en votre compagnie, et, puis pour tout vous dire ce soir, j'étais un peu triste. »
« Triste, mon petit, pourquoi, tu ne devrais pas. »
« Çà, je sais mais vous voyez, c'est le problème de l'amour, mon petit copain m'a annoncé par texto qu'il me quittait, je dois le voir demain pour que l'on se rende nos affaires, il a des bouquins à moi, des CD, des DVD et puis surtout il doit me rendre sa bague et, moi la mienne. »
« Oh ! Comme je te comprends, moi, aussi j'ai eu un grand chagrin d'amour. »
« Ah! Oui. »
« J'étais toute jeune fille, j'avais seize, j'étais comme on disait à l'époque placée chez des bourgeois en Suisse à Berne. Ils étaient français, ils s'appelaient monsieur et madame Richard, ils connaissaient mon grand-père pour ses fromages, c'était des montagnards et des bons vivants. Aussi, lorsqu'ils lui ont dit chercher une bonne et bien j'ai fait l'affaire. J'avais mon certificat d'étude, première du canton, et j'étais bien élevée, et, surtout je savais ce que travailler voulait dire. Avec ma mère à l'épicerie, je ne chômais jamais, et, aussi je m'étais occupée de mes deux frères. Enfin, depuis quatre ans je travaillais chez eux environ douze heures par jour à leur service quand je fis la connaissance de leur fils unique Pierre. Je me souviendrais toute ma vie lorsque je l'ai vu pour la première fois, avec son grand manteau noir et son chapeau et ses gants, il faisait grand seigneur, et, ses yeux, il avait de ses yeux d'un bleu lumineux et transparent à la fois, il revenait des états-Unis où il avait fait ses études d'ingénieur. Je fus tout de suite conquise. J'ai caché mes sentiments, ils étaient nichés au fond de mon cœur, il me suffisait de le croiser ou d'entendre sa voix pour être au paradis. »
A suivre...
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MCM dit | Elle est très émouvante cette nouvelle, tu n'as pas mis à suivre, mais je pense que l'histoire n'est pas finie. |






