Opus XXI La vie de Mélanie
« Je vais vous quitter, il faut que je prenne mon bus, après il n'y en a plus mais je reviendrai vous voir. »
« Merci de m'avoir tenue compagnie, rentre bien, à demain. »
« Bonne nuit, je vous laisse la veilleuse, à demain. »
«Bonjour madame Dupuis, je sais que vous avez bien dormi cette nuit, et, que vous avez pris tout votre petit déjeuner, c'est bien ça, vous voulez que je vous douche ? »
« Oui, ma fille, je peux t'appeler ma fille, tu sais notre conversation d'hier soir m'a fait du bien, beaucoup de bien. »
« Ah! moi aussi vous savez, je ne me livre pas facilement, et, si vous désirez me dire ma fille, pas de problème, vous le pouvez. Donnez-moi votre bras, doucement, vous restez bien assise, la tête ne vous tourne pas ? ».
« Non, non, tout va bien, je mets mes pantoufles, tu veux prendre mes habits juste là sur la chaise, s'il te plaît, tu seras bien brave. »
« Voilà, tout est prêt, on y va, en avant pour la toilette, vous allez être toute fraîche, après je vous mettrai de l'eau de cologne à la lavande, je sais que vous aimez cela, et puis je vous ferai un chignon comme à madame Béguin, vous avez de si beaux cheveux. »
« Oh ! Comme c'est bon de l'eau chaude sur mon corps et quelle douceur ce savon. »
« Attention, je vais vous passer de l'eau sur votre tête, vous pouvez un peu la baisser, voilà comme ça, c'est parfait, attention, j'y vais. »
Au bout d'une vingtaine de minutes, Mélanie se regarde dans la glace et ce qu'elle voit lui convient.
« Vous voilà toute belle, prête pour séduire notre Don Juan, en attendant voulez-vous un peu de lecture ? »
« Merci, oui, je veux bien "Notre Temps." »
« Voilà, à tout à l'heure pour le repas, si vous avez besoin de quoique ce soit, vous sonnez. »
« Oui, ma fille. »
« Madame Dupuis, je peux vous déranger dans votre lecture ? »
« Oui, comment allez-vous ce matin ? »
« Ben ma foi, ils m'ont donné un de ses cocktails, je ne sais pas trop sa composition, mais aujourd'hui je ne vais pas trop mal, et, vous ? »
« Je vais assez bien pour mon âge et mon état, tenez, prenez ce fauteuil madame Charles, c'est gentil de venir me visiter, vous avez vu vos enfants hier, je crois ? »
« Oui, ils sont venus tout spécialement de Paris, ils sont restés tout l'après-midi, ils sont très occupés mais ils ont pu se libérer, je les aime tant et ils savent bien que je ne suis pas éternelle. »
« Tenez, mes enfants m'ont envoyé cette jolie carte postale, ils viendront samedi prochain avec les photographies de mon dernier arrière petit fils Arnaud, il a trois jours, tout juste. Vous savez j'ai eu six enfants et j'ai seize petits-enfants et quatre arrières petits enfants, Etienne et moi ont a de quoi être fières, nous avons une belle famille tout comme vous, et puis surtout nous avons la chance de ne pas être abandonnées. »
A suivre...
Par Louise, Lundi 12 Novembre 2007 à 21:38 GMT+2 dans Histoire d'une vie (article, RSS)






