Opus XXXII Tristesse
Pareille à l’araignée tissant sa toile,
Sans même se recouvrir d’un pudique voile,
Avec appétit elle engloutit ses victimes,
Prêtresse des pires crimes,
Qui lui sont déjà pleinement asservis,
Et pour encore les faires souffrir davantage,
Elle se préfère oublieuse un certain temps de son chantage,
Puis avec une lenteur toute calculée,
Elle distille savamment son poison bien dosé.
Presque avec grâce,
D’une façon instinctive elle néglige le rire,
Se drapant d’une robe de mariée noire riches d’écueils,
Se promenant telle une grande dame en deuil.
Elle l’harde de terribles coups de poignards,
Le coeur de ses bagnards,
Et avec une ardeur nouvelle,
Presque rebelle,
Elle emprisonne leurs dernières prières,
A l’égale de ses sœurs les sorcières,
Fine connaisseuse des feux ardents,
Et des pieux rougeoyants,
Inventeur de pièges plus que cruels,
Pour tout dire criminelle,
Elle ordonne leurs larmes,
Pour anéantir à jamais leurs âmes.
Elle soumet ses martyrs à son service,
Suprême vice,
Bourreau couvert de sang,
Leurs morts avec délice elle attend.
Une fois ses proies conquises,
Elle se dessine exquise,
Marquise,
Elle se jette alors avec ravissement en l’air,
Dans une danse stellaire,
En piétinant vos tombeaux,
Fatale,
Triomphale !
Cet article a été commenté 2 fois | Ajouter un commentaire | Revenir en haut | Aller en bas
Nuitarius dit | Effrayante et victorieuse, elle m'a emporté dans son sillage sanglant et impétueux ! |
hauteclaire dit | Votre tristesse a un goût de sang et de peur. |






