nouvelles

Opus XLIV la maison des plaisirs

 
Elle découvrit l’ensemble de la pièce qui me semblait faite que pour les plaisirs de toutes sortes. Ce qui l’envoûta immédiatement c’était le climat doucereux qui y régnait, il se dégageait une odeur sucrée, suave et fruitée. Des encens discrètement embaumaient l’endroit, des bougies aussi exaltaient leurs senteurs, l’air lui-même semblait léger et gaie.
 
Il y avait là tout ce qu’il était possible d’imaginer pour toutes sortes de plaisirs. Sur une grande table recouverte d’une somptueuse nappe de soie rouge étaient dressés avec beaucoup de goûts des jarres contenant des vins capiteux, des poulets, des boulettes de viandes, du riz à profusion, une variété infinie de bambous, des pastèques, des melons, des crabes, du saumon et de la tortue. Un peu plus loin des coffrets ornés de fleurs en velours rouge affichaient la magnificence de leurs contenus, et, des rubans verts et rouges enroulant toutes les colonnes de ce superbe lieu donnaient un air de fête.
 
Il y avait aussi deux petites tables rondes avec des coussins soyeux, un paravent en soie aux dessins délicats et prometteurs, une natte pour une personne seule avec des oreillers finement brodés entourée de bougies rouges et or. Elle en était là de ses constations quand une servante arriva.
 
« Mademoiselle Ma, monsieur Tang Shee vient, vous êtes prête ? Il est dans la cour. »

« Je suis prête mais j’ai un peu peur. »

« N’ayez pas peur, vous êtes magnifique, je l’entends. »

« Le voici, je vous laisse. »

Ma malgré l’épaisseur de ses sept robes les une sur les autres tremblait, elle attendait ce moment depuis plusieurs mois et maintenant qu’il arrivait, elle avait peur de ne pas être à la hauteur. Surtout elle craignait de ne pas plaire à son futur amant. Elle fit pourtant ce que l’on lui avait appris, lorsque que monsieur Tang Shee passa la porte, elle se retourna prestement, ainsi il ne pouvait ne la voir que de dos, créant encore plus de curiosité, et, peut-être pouvait-elle l'impressionner par sa jeunesse, sa beauté, et, de cette façon elle avait encore quelques instants pour se l’imaginer.

« Retournez-vous, je vous prie, que je puisse voir votre beauté que l’on m’a tant vantée. »

Ma avec une lenteur toute calculée se retourna, tête baissée comme il se devait.

« Montrez-moi votre visage à présent. »

Avec une grande délicatesse, elle remonta son visage, les yeux baissés puis une fois sa tête bien droite, elle ouvrit enfin ses yeux et les plongea dans les yeux de son visiteur. Elle ressentit aussitôt un immense choc, il était si beau, avec ses yeux d’un noir bleuté profond, ses cheveux longs avec sa natte qui lui tombait sur son épaule droite, et, son nez qui était d’une grande finesse ainsi que sa bouche qui était juste gourmande comme il le fallait. Il était grand, bien plus grand qu’elle et il était superbement vêtu d’un long manteau de soie d’or bordé de velours noir. Il portait sur sa tête un charmant petit chapeau assorti à son manteau,  il avait dans ses mains longues et fines un paquet. La réalité dépassait ses rêves les plus insensés.

« On ne m’a pas menti, en vérité vous êtes très belle, je crois que nous nous entendrons tous les deux, tenez. »

Avec une grande attention, elle s’avança vers lui, lui fit une révérence avant de recevoir en ses mains son cadeau. »

A suivre...

Vos commentaires

1 Le Vendredi 7 Decembre 2007 à 22:35 GMT+2, par souffledame

Je découvre cette délicate maison des plaisirs, et j'apprécie l'ambiance qui s'y dégage.

Autres publications sur le sujet

Aucune référence pour le moment.

Vous pouvez faire référence à votre publication en utilisant ce rétrolien

Commenter cet article

*


Pour être sûr... combien font 1 + 5 ? *

Se souvenir de moi


Les champs marqués d'un * sont obligatoires
Votre commentaire sera affiché en texte brut à l'exception des liens

Créer un blog sur MaBulle. | C.G.U. - Copyright | Signaler un abusContacter l'auteurVisiter le blog parrain http://franckcortot.mabulle.comVoir des blogs de la thématique: Lecture, poésie et littérature érotique