Opus XLVI La maison des plaisirs
Elle savait le charmer, elle avait su faire une combinaison heureuse des couleurs, les déclinaisons imitaient à merveille les nuances du printemps vers l’été ce qui était un signe d’espérance dans leur rencontre, ils les avaient remarquées au niveau du col, des poignets et de la traîne. Il affectionnait les codes de règles esthétiques, le kasane. Ses heures de découvertes mutuelles sans accomplir l’acte sexuel s’élevaient pour lui au rang de l’art, et, lorsqu’elle lui avait montré son kosode blanc à manches étroites, sa dernière robe si près du corps après l’avoir dissimulée par la superposition de plusieurs épaisseurs sept jours durant il était plus près du ciel que de la terre.
Il
avait déjà pu noter la minceur de son visage et la fragilité de son corps
lorsqu’elle était vêtue de toutes ses robes, mais maintenant qu’elle se trouvait
presque nue devant lui, tous ses sens étaient en alerte, elle était encore
plus désirable. Ils avaient vécu une semaine dans une osmose complète sans
être dérangés par personne. Les servantes se faisaient si discrètes qu’elles
étaient presque des fantômes. Les plats se changeaient comme par enchantement,
l’eau du bain était remise à température, les draps de soie parfumés, les
bouquets recomposés. Ils étaient tous les deux seuls au monde, ils ne se
devaient qu’à la découverte de tous les plaisirs.
Ma n’était plus la jeune fille du premier jour mais pas encore une femme, pourtant dans ses manières, dans ses regards on pouvait déjà deviner la future amante. Son instinct d’amoureuse s’éveillait d’heures en heures, tout son corps vibrait, elle aimait se sentir dans cet état. Ce qu’elle appréciait le plus, c’était de voir que son futur amant l’était aussi, et celle qui prit l'initiave.
« Shee ? comment me trouvez-vous ? »
« Vous le savez, vous l’avez lu dans mes yeux. »
« Oui, mais je voudrais vous l’entendre dire. »
« Cessez de jouer, venez sur cette couche, ce sera la dernière fois que vous vous y allongerez, ce soir vous serez à moi dans le lit nuptial. »
Ma s’avança, se coucha avec lenteur, ses cheveux étaient maintenant longs sur ses épaules, il l’avait voulu ainsi, son corps n’était presque plus caché, elle était encore maquillée mais si légèrement qu’il devinait son magnifique teint de porcelaine, l’or pur de ses yeux et la rosée de ses lèvres. Il sentait sa force et ses fragilités mêlées, il savait qu’elle était toute à lui. Il se devait de ne pas trop se précipiter pour qu’elle aime l’acte d’amour. Elle allait lui offrir son trésor, sa fleur divine, sa virginité. Il serait son premier amant.
Ma l’attendait, elle n’osait pas le regarder encore tout le temps dans les yeux, par instants leurs regards se croisaient et s’arrêtaient l’un sur l’autre. Elle le trouvait si beau avec son kimono ouvert, elle devinait un torse musclé, ses mains aussi parlaient sur ses capacités à la délivrer de son innocence. Il n’y eut pas de signal entre eux juste une évidence.
A suivre...
Par Louise, Dimanche 2 Decembre 2007 à 05:45 GMT+2 dans Contes pour adultes (article, RSS)






