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Opus XLVIII Sens dessus-dessous

Je vous donne rendez-vous sur un super blog :

"La Littérature est ma bulle"  qui est aujourd'hui devenue "La plume au ventre"...

Bonne semaine à tous. Louise. 

La journée était dégagée, il y avait bien quelques nuages mais c'était le soleil qui dominait, il était environ quatorze trente, j'avais enfin terminé mon rôle de mère de famille, javais trois enfants de quatre ans à dix ans. Cet après-midi là ils étaient tous en classe, ce qui n'était pas souvent le cas, je gardais la plupart du temps Théophile le petit dernier, mais aujoud'hui je voulais vivre un peu pour moi et réaliser un de mes rêves.

Ma maison était propre, aspirateur, produits ménagers bien rangés, tarte aux pommes en attente d'être dévorée au retour de la classe,  je me sentais enfin libre de vivre une aventure, celle de la découverte de mes dons manuels. J'avais pris tout ce qu'il fallait, des outils, une vieille blouse de mon mari et surtout cinq kilos de terre qui venait d'une carrière près de chez nous. Une fois dans la remise jétais seule face à mon défi, récipient en fer plein à ras bord, journaux aux pages grandes ouvertes, tout semblait aller pour le mieux.

Je pris de la terre dans mes mains, je fus surprise de sa dureté, elle était pourtant restée sous un linge humide depuis un mois. Je fis une boule pour la tête puis je préparais les bras, les jambes et le buste de mon futur personnage, qui ne devait être rien d'autre qu'un ours pour mettre dans la chambre de mon petit dernier. Je l'avais vu cet ours dans un magasin,  je l'avais trouvé si mignon que j'avais était prise d 'une envie irrépressible de le reproduire mais entre rêve et réalité.

C'est vrai, dans les livres il semblait suffire de suivre les indications pour réussir mais voilà. La sculpture n'était pas de la cuisine, il ne suffisait pas de suivre la recette. Et les anges ne devaient pas être auprès de moi, ou peut-être que si...

Ma terre se collait si fortement à moi que dégager mes mains n'étaient pas chose aisée. Toutefois je voulais tant réussir que je m'accrochais. J'avais fait le buste de mon ours, honnêtement on aurait plus dit une montagne prête à glisser sur la route mais bon ce n'était pas la mort, je m'accrochais encore. Je mis ma boule qui devait faire office de tête, avec application puis je fis deux yeux, une truffe, et une gueule, vous imaginez le tableau...

Je préserverais malgré le temps qui filait, vite, très vite, un bras, puis l'autre, une jambe puis l'autre et puis au bout d'un long moment je pris une terrible décision. Après une grande respiration et avec une détermination, je défis le tout.  Devant moi sur l'établi, il ne restait plus qu'un amas de boue insolite, totalement étrange, je restais pétrifiée, attristée, prête à pleurer. J'avais même un peu froid, maintenant des frissons me traversaient tout le corps. La vue de cette chose si hideuse me bouleversait. La situation était grotesque, j'étais une femme accomplie, j'avais un mari, de beaux enfants, je m'occupais de personnes âgées bénévolement, jusqu'à présent je réussissais tout ce que j'entreprenais et aujourd'hui j'étais comme interdite, complétement sens dessus-dessous. Une barrière de douleurs céda et je ne fus plus qu'un torrent de larmes. Un souvenir déchirant  m'était revenu en mémoire.

Je n'avais que six ans qand ma grand-mère paternelle m'ordonna de réaliser un bouquet de fleurs, mais  ma composition n'était autre qu'une sorte de feux d'artifices mouillés, je reçus alors une gifle magistrale, je ressentais encore la douleur sur ma joue et ma terrible  humiliation.

Alors, il se passa un phénomène étrange cette terre à la couleur si particulière, un peu marron bleuâtre et un peu rougeoyante se mit à me parler, j'étais dans un grand recueillement, presque comme en prière.  Elle me pénétra  par sa texture, par sa beauté propre, par son son toucher. Les yeux fermés,  je me remis à l'ouvrage, et,  je fis une découverte des plus insolites, la terre me conduisit non pas vers l'ours de mes rêves mais vers un bouquet de fleurs magnifique et gracieux. La terre avait un toucher violet, c'était magique, ce bouquet embauma toute la remise et je me vis triomphante remettre le bouquet de fleurs à ma grand-mère.

Vos commentaires

1 Le Lundi 3 Decembre 2007 à 16:55 GMT+2, par franck

La magie de l'enfance qui resurgit avec ses peines et ses joies
;-)

2 Le Dimanche 9 Decembre 2007 à 06:29 GMT+2, par hauteclaire

J'avais lu votre texte chez Rimmel, et l'avais aimé. Les souvenirs d'enfance peuvent nous empoisonner, il faut savoir parfois les revivre pour mieux les oublier

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