Opus LXVI Louisia Claudia 2
« Père, il y a le Pierrot qui est monté vous voir, il attend pour vous parler. »
« Dis à la mère et au Pierrot que j’arrive, la Moufflette est un peu nerveuse, elle remue sans cesse, je ne peux pas la laisser comme ça. »
De retour à la maison Louisia Claudia se sentait toute chose, comme si elle s’était permise de prendre un verre d’alcool, ses joues la piquetaient et son cœur battait plus fort que d’habitude, et, ce n’était certainement pas parce qu’elle avait couru entre la grange et la maison. C'était la toute première fois qu’elle rencontrait son cousin de la ville. Il était assis en face d’elle et buvait un grand bol de café bouillant. Son manteau et son chapeau séchaient aux portes manteaux de l’entrée dans la partie réservée aux hôtes de marques.
C’était un beau jeune homme d’une vingtaine d’années environ. Il était brun, portait les cheveux très courts, il avait des yeux d’un bleu couleur ciel par temps clair, un long nez mais pas trop épais et une bouche cachée assez jolie mais cachée par une petite moustache. Ses habits étaient ceux de la ville, la coupe du pantalon, son pli bien dans le milieu, et, son gros pull en laine unie avec une chemise au col bleu en témoignait. Ses chaussures seules trahissaient ses origines paysannes, c’étaient de bons brodequins en cuir, robustes faits pour les chemins boueux et montagneux. Son manteau et son chapeau, eux avaient sans doute été achetés à la ville, la qualité de l’étoffe en attestait. Et, il sentait si bon, une bonne odeur de savon et de lavande, quand il parlait, il répondait avec justesse aux questions de la mère et sa voix était agréable.
Le père arriva avec fracas cassant la douce harmonie du moment, la porte calquant fortement derrière lui, le vent et la pluie s’engouffrant ainsi que l’odeur de l’étable et du tabac. Avec grands gestes, il égoutta sa périme et son chapeau et la mère tout de suite les posa sur le dos d'une chaise devant le feu.
« La mère, un café, alors petit te voilà enfin, tu sais que je t’attendais. »
« Oui, mon oncle mais j’ai été retardé par le père qui voulait finir un cadeau pour vous. »
« Un cadeau pour moi ? »
Pierrot se leva de table et sortit de la poche de son manteau un paquet.
« Voilà pour vous. »
Le père défit le colis enroulé dans un vieux tissu de coton et découvrit un couteau pour tuer le cochon avec un manche en bois joliment décoré.
« Tu diras merci à ton père, la mère tu le ranges où tu sais. Ce soir tu mettras une assiette de soupe de plus et tu couperas deux grosses tranches de pain avec un gros morceau de porc, notre Pierrot le mérite. Ah ! Il couchera dans la grange sur le matelas, tu seras bien, les bêtes elles tiennent chauds, et puis il faut bien que tu t’habitues puisque tu veux devenir paysan. »
A suivre...
Par Louise, Vendredi 28 Decembre 2007 à 18:04 GMT+2 dans Histoire d'une vie (article, RSS)






