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Louise

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Ce blog est une invitation sur le chemin des nouvelles, des contes, et de la poésie. Si un regard peut créer l'univers les mots peuvent le transcender. Il y a aussi des collages, de la sculpture, des pensées. Avec toutes mes amitiés. Louise (tous les textes sont protégés par copyright)

Opus LXXII Lousia Claudia 8

Samedi 5 Janvier 2008, 10:50 GMT+2Par LouiseCet article a été lu 0 fois

Pierre et Louisia Claudia étaient mariés depuis bientôt trois ans, et ils avaient déjà deux jeunes enfants. Le premier était venu au monde neuf mois et trois jours après le mariage, les mauvaises langues n’avaient plus qu’à se taire.

C’était un solide gaillard qui avait donné bien du travail à sa mère et à l’accoucheuse. Enfin au bout de dix sept heures de souffrance, il poussa son premier cri, il aima tout de suite téter le sein de sa mère. Ils l’appelèrent Jean, puis dix mois plus tard arriva la Jeanne. Une jolie poupette avec les yeux de son père. Celle-ci, elle vint au monde comme une lettre à la poste, tout juste le temps de finir les vendanges qu'elle était déjà née et sans l’accoucheuse.
 
Il fallait travailler durement pour nourrir toute cette petite famille. Le père l’Etienne, il était fatigué, il se faisait vieux, et, ses rhumatismes le faisaient souffrir mais il était fier, sa ferme serait transmise. Le Pierrot, il avait su s’y prendre, un garçon et du premier coup encore ! Tous les deux s’entendaient bien, c’était le fils qu’il n’avait jamais eu. C’étaient des laborieux, debout du matin au soir, ne comptant pas leurs heures et travaillant d’arrache-pied.
 
Il y avait tant à faire avec les bêtes, il n’y avait pas de vacances, ni de jours fériés même le dimanche les vaches avaient les pies remplis de lait ou mettaient bas. Il y avait le potager à s’occuper, les vendanges à faire, le bois à ramasser, à couper, le chalet à retaper et à agrandir avec la famille qui d’années en années s’accroissait. Ils étaient sur le point de faire un prolongement de la première chambre pour les enfants. Louisia Claudia attendait un troisième pour le mois d’août 1914.
 
Les femmes, elles aussi n’arrêtaient pas, la mère gardait les petiots pendant que sa fille allait laver le linge au lavoir du village et avec deux hommes à la maison et deux enfants en bas âges, il y avait de l’ouvrage. Elle s’occupait des bêtes, des poules et des lapins, des chèvres, elle faisait aussi le fromage.
 
Elle allait les vendre sur le marché ainsi que les légumes de saison, elle tricotait aussi, elle faisait à merveille des gants et des écharpes qui se vendait facilement dans ce pays de montagne. Elle tenait avec la mère, la maison, le ménage, la cuisine, et faisait l’éducation des enfants.
 
Le Pierrot, il était toujours loin sauf pour lui faire des petits. Et faut bien reconnaître qu’elle le voulait bien aussi son homme, ils se tenaient chaud, et, à leur façon ils s’aimaient. Des fois même, il l’avait surprise arrivant avec un nouveau ruban ou un bouquet de pensées. Il savait aussi les jours de fête s’amuser, heureusement qu’il y avait la Noël, la Pâque, la St Claude, et le quinze août. Tous les deux, ils n’étaient pas les derniers pour danser au son d’un accordéon, d’un violon ou d’une flûte.
 
Leur vie coulait jours après jours, elle était rude mais il l’aimait et puis c'était comme ça. Suivant les saisons, il y avait les veillés avec les histoires, les contes ou tout en causant on cassait les noix, il y avait les noces, les deuils, les différents travaux. Tous s'aidaient, voisins ou amis, que ce soit dans les peines comme dans les joies. Louisia Claudia et Pierrot appartenaient au pays, et, leur vie aurait pu s’écouler longtemps comme ça mais le destin en avait décidé autrement.
 
 
A suivre... 
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