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Opus LXXVI Lousia Claudia 11

 
Le dix huit janvier dix neuf cent seize, Jean Tournier et Claude Bonnaz avaient été tués. Avant de mourir ils avaient écrits dans quelle boucherie ils étaient, que la nourriture était infecte, que leurs conditions de vies étaient extrêmement difficiles. Pas de quoi rassurer Louisia Claudia.

Elle se rendait le plus souvent possible à l’église. Plus les mois passaient plus elle avait peur.

Un matin du mois de février dix neuf cent seize, elle trouva étrange que la mère ne soit pas encore levée, il était déjà huit heures trente. Elle se rendit dans sa chambre, tout d’abord elle crut qu’elle dormait mais en s’approchant elle comprit rapidement que sa mère était morte. Le père n’avait rien dû voir en partant tôt ce matin.

Elle ne put même pas pleurer, elle prit ses petits avec elle, et, alla voir le curé pour l’enterrement. Des voisines misent au courant vinrent l’aider pour la toilette mortuaire. La mère fut enterrée trois jours plus tard avec tout ce qui restait du village à ses côtés. Lousia Claudia restait seule avec le père.

Au mois de mars, elle reçut enfin des nouvelles de son Pierrot, elle ne savait plus à qui s’adresser pour en avoir. Elle comprit lorsqu’elle lut son courrier qu’il avait été blessé et qu’il n’avait pas pu lui envoyer de lettres.

 

Le quatorze mars 1916,

Ma Louisia,

J’ai été blessé à la tête et aux jambes, je vais mieux, je suis au chaud dans un hôpital. Tu vois je n’ai pas pu éviter les balles et les obus allemands. Ma Louisia, ici, il n’y avait que des cadavres ou presque. Un obus a éclaté tout près de moi, je suis resté dans la terre un bon moment. Le temps qu’un infirmier ne vienne me prendre. Je suis resté inconscient longtemps et puis on est si nombreux, alors pour les nouvelles tu comprends.

Bises aux petiots et je t’embrasse ma Louisia.

J’espère avoir une permission bientôt.

Ton Pierrot.

 

Au mois de mai le Pierrot débarqua au petit matin, il était méconnaissable, lui si fort était squelettique. Il avait terriblement changé, c’était presque un vieux maintenant. Après la toilette d’usage, ils purent à nouveau se serrer dans les bras. Aucun mot ne fut dit durant ses cinq jours sur la guerre mais elle était partout. Chacun n’osant parler à l’autre de ses peurs, des ses angoisses.

Ils profitèrent comme ils le purent en famille. Il fut bien triste pour la mère et aussi pour son père, par un courrier de sa mère, il venait d'apprendre le décès de son père, il était mort comme ça d’un seul coup à la boulangerie. Ils étaient orphelins et ils pensaient tous les deux la même chose, pourvu que leurs petits ne le soient pas bientôt.

Cette fois Lousia Claudia ferma les yeux au moment du départ de son homme, elle voulait le garder dans la maison, toujours, elle avait comme un mauvais pressentiment.

 

A Suivre... 

 

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1 Le Samedi 12 Janvier 2008 à 14:44 GMT+2, par loulou

bizzzz

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