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Opus LXXXV Un secret simple 6

 
Elle a le don de les accompagner avec tendresse et respect, elle les soutient personnellement, elle assure le lien avec leur famille. Elle leur recommande la patience, l’indulgence, et, la politesse.

Ses paroles ouvrent les cœurs à l’amour des autres.

« Aimez le pauvres, ne les accusez pas trop… Souvenez-vous que le pauvre est encore plus sensible aux bons procédés qu’au secours. » 

« Si vous voulez que quelqu’un vous aime, aimez d’abord en premier, et, si vous n’avez rien à donner, donnez-vous vous-même. »

Le petit parloir de la rue de l’Epée de Bois ne désemplit pas. Riches ou pauvres, faibles ou puissants. Sœur Rosalie les connaît tous.

Ils connaissent tous ses actions, ils savent qu’elle a sauvé un bienfaiteur des pauvres, le Général de Montmahaut lors des trois Glorieuses ou bien qu’elle a failli se faire arrêter au milieu de la foule dans les barricades et qu’elle a affronté avec courage le Préfet de Police. Ses actes sont dans tous les esprits.

« Que puis-je faire pour vous rendre service ? » Avait-elle demandé au Préfet.

« Madame, je ne suis pas venu vous demander un service, mais pour vous en rendre un, je suis le Préfet de Police et je voudrais savoir comment vous avez osé vous mettre en rébellion contre la loi ? »

« Monsieur le Préfet, je suis Fille de la Charité, je viens en aide aux malheureux partout, si vous étiez poursuivi, je vous porterais secours, je vous le promets ! »

« Ne recommencez pas ! Avait répondu le Préfet de Police surpris.

« Cela je ne peux vous le promettre ! Une Fille de Saint Vincent de Paul n’a jamais le droit de manquer à la charité ».

Ou encore lorsqu’elle s’interposa en criant dans la petite cour des Sœurs de la Charité :

« On ne tuera pas ici. »

Un officier de la Garde Mobile avait gravit la barricade avec ses troupes, tous ses hommes étaient tombés sous la rafale des manifestants. Il était seul au milieu des émeutiers en furie. Il se précipita alors dans la petite cour de la maison des sœurs. Les fusils des manifestants se braquèrent sur lui, ils criaient tous.

« On l’emmène ».

Sœur Rosalie refusa, les hommes ivres de sang allaient faire feu par-dessus les épaules des sœurs qui entouraient le condamné, mais devant sa détermination et son charisme, tous y renoncèrent. Elle avait une nouvelle fois sauvé un homme.

Elle est sans cesse prête à donner sa vie, le plus précieux à ses yeux est de sauver les âmes, quel que soit leurs camps. Humblement, simplement, elle disait souvent :

« Je ne suis qu’une simple Fille de la Charité, rien que cela, rien de plus, non, rien de plus. »

 A suivre...

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