Opus LXXXVI Un secret simple 7 (fin)
En 1852, Napoléon III décide de lui remettre la
Croix de la Légion d’Honneur, elle est prête à refuser cet honneur personnel,
mais Monsieur Etienne, Supérieur des Prêtres de la Mission et des Filles de la
Charité l’oblige à l’accepter.
Sœur Rosalie durant toutes ses cinquante quatre années n’a jamais pris aucun instant de repos, finissant toujours par surmonter sa fatigue et ses fièvres. L’âge, une grande sensibilité nerveuse, l’accumulation des tâches finissent par venir à bout de sa grande résistance et de sa forte volonté.
Elle devient progressivement aveugle au cours des deux dernières années de sa vie.
Elle meurt le 7 février 1856 d’une pleurésie en disant :
« Ô mon Dieu, quand je ne serai plus, mes enfants, mes chers enfants n’abandonnez pas ! »
C’est une grande émotion dans tout le quartier, dans tous les milieux sociaux à Paris, et, même en Province. Après la célébration de ses obsèques à l’Eglise Saint Médard, sa paroisse, une foule immense et très émue suit sa dépouille jusqu’au cimetière Montparnasse. La foule manifeste de cette façon son admiration pour l’œuvre accomplie et son affection pour cette Sœur hors du commun.
La presse témoigne de la vénération qu’elle avait suscitée. Des journaux de toutes les tendances se font l’écho des sentiments du peuple. L’Univers, le Constitutionnel, le Journal Officiel de l’Empire, le Moniteur, tous louent son action bienfaisante.
Des visiteurs arrivent nombreux au cimetière Montparnasse. Ils viennent pour se recueillir sur la tombe de celle qui a été leur Providence, mais comme il est difficile de trouver l’endroit réservé aux Filles de la Charité, le corps de Sœur Rosalie est transporté à l’entrée du cimetière.
Sur sa tombe qui est toute simple, elle est seulement surmontée d’une grande croix, ces mots sont gravés :
« A la bonne mère Rosalie, ses amis reconnaissants, les riches et les pauvres. »
Des anonymes ont fleuri et continuent à fleurir sa sépulture.
Hommage discret à cette humble fille de Saint Vincent de Paul.
Epilogue :
Depuis la béatification de Frédéric Ozanam en 1997, nous avons redécouvert ce qui s’était passé à Paris dans la première moitié du 19ème siècle. La ville était en croissance, l’afflux de la population paysanne attirée par l’industrialisation entraînait des situations sociales dramatiques et des détresses extrêmes. De plus, des révolutions s’étaient succédées.
Sœur Rosalie avec ses compagnes, les Filles de la Charité dans le quartier ouvrier du faubourg Saint Marcel pendant plus d’un demi-siècle travaillèrent à secourir, à aider, à éduquer tout un peuple.
Sœur Rosalie a inventé chaque fois qu’un besoin se faisait sentir de nouvelles institutions. Elle a provoqué une extraordinaire mobilisation de volontaires au service des pauvres.
Elle a fait bouger la société.
Cette contagion de la charité en acte voilà une leçon précieuse POUR L’HUMANITE.
Sœur Rosalie est bienheureuse, elle a été béatifiée le 09 novembre 2003 à Rome par le Pape Jean Paul II.
Par Louise, Dimanche 27 Janvier 2008 à 16:00 GMT+2 dans Histoire d'une vie (article, RSS)






