Opus XC Le secret de l'étang des Dieux (fin)
A Loulou.
« Père, je vous ai amené l’Elu ! »
« L’Elu, ma fille, tu en es certaine ? »
« Père, j’en suis certaine, il correspond en tout point à ce que l’oracle m’a dit avant de partir à sa recherche. »
« Voici, ta demeure pour cette nuit, dors bien, nous avons fait un long chemin et demain sera un grand jour pour nous tous. »
Il s’allongea sur une couche de feuilles aux vertus apaisantes, sitôt couché malgré ses interrogations il s’endormit.
Le lendemain à l’aube, il fut réveillé par des bruits étranges, à la fois puissants et mélodieux. Il sortit de sa couche non pas après avoir avalé un délicieux breuvage au miel. Il se sentait reposé et prêt à affronter son destin. Sur le pas de la porte, il n’eut que le temps de relever sa tête et il découvrit avec étonnement tout le village agenouillé à ses pieds. Ils le laissèrent passer telle une divinité. Un vent d’appréhension s’emparât de lui.
« Sois le bienvenu en ce jour béni, il y a des siècles que nous t’attendions, l’oracle l’avait prédit et c’est ma fille « Fleurisse » qui a fait ta découverte mais voyions de quoi tu es capable. »
Chalk regarda tout autour de lui, cette fois complètement affolé. Un silence presque spirituel régnait, les lutins et les fées étaient comme en prière.
Le père de Fleurisse lui annonça :
« Nous allons te conduire à la clairière. »
Il dût monter dans une chaise à porteur faite de feuilles et de lianes de toutes les couleurs. Après plusieurs heures de marche dans le plus grand mutisme, ils arrivèrent dans une clairière d’une beauté à couper le souffle. Il y avait tout ce que la nature pouvait engendrer de perfection. Des fleurs magiques, immenses et colorées dansaient ensemble, d’une douce pente en mousse d’un vert extraordinaire apparaissait avec élégance un cours d’eau qui menait à un étang, des oiseaux aux plumes blanches et aux pattes fines s’y gorgeaient de sa fraîcheur. Le spectacle était saisissant.
D’un seul élan, tout le peuple « Cri » s’assit en rond tout autour de l’étendue d’eau. Ensemble, il offrait un tableau des plus harmonieux et pourtant Chalk lisait dans leurs yeux comme de l’appréhension.
Une fois qu’il toucha la terre, le père de Fleurisse lui demanda :
« Vois tu ce qu’il y a au milieu de l’étang ? Seul un cœur pur et brave peut s’y rendre. Crois-moi, nombreux sont ceux qui se sont lancés mais aucun n’a réussi, deux ou trois même se sont noyés. Prouve nous que tu es l’Elu en te rendant au coffre et en l’ouvrant pour le délivrer de son secret. »
Chalk avec courage prit sur le bord de l’étang des branches de bois, des fermes et en fit un petit radeau. Tous le regardaient avec attention, le soleil dardait fort, l’eau se faisait diamant sous son regard. Dans une sorte de lumière il monta sur le radeau.
Lentement avec sagesse, il se mit à ramer avec l’aide de bouts de bois plus plats que les autres. Il arriva enfin au côté du coffre. Il en fit prudemment le tour. Il remarqua alors que sur le devant il y avait comme une serrure. Il cassa le collier qui était à son cou. C’était le collier de sa tribu les « Tures », il était à la fois souple et solide. Il le passa dans la fermeture cherchant à l’ouvrir. Il mit un certain temps, l’assemblée retenait son souffle. Poussez par une force inconnue il la fit sauter, et là le couvercle d’un puissant mouvement s’éleva dans le ciel laissant jaillir du coffre une immense boule de terre et un gigantesque bâton en bois.
Tous crièrent en même temps « Eh ! Eh ! ». Ils reprirent ce son en chœur, ce fut un véritable chant de délivrance, de liberté.
Grâce au cœur pur et brave de Chalk, grâce à ses connaissances du bois, grâce à la détermination de tout un peuple pour percer le secret de l’étang des Dieux, l’écriture était inventée. Tous pouvaient enfin transcrire la réalité sur de la terre, ils pouvaient faire des dessins.
Les savants n’avaient pas raison, la forêt n’était pas illimitée, elle arrivait sur une superbe clairière. La forêt pouvait parler, elle avait l’intelligence des mots, l’immense crayon de bois traçant des signes montrait tantôt un coin, tantôt un rond, tantôt un cône…
Maintenant il pourrait s’orienter, faire une carte, ne plus se perdre et surtout il pourrait faire connaître ses signes à son peuple.
« Chalk, Chalk, réveille toi, tu nous a fait une de ses peurs, il y a des heures que nous te cherchons, tu connais pourtant les risques de la forêt. »
« Je suis l’Elu. »
« Chalk, je suis ton frère et voici tous tes amis, des braves qui ont traversé la forêt pour te retrouver, qu’est-ce que tu nous racontes ? »
« Mon frère, les savants ont tort, je reviens d’une magnifique clairière derrière la forêt en compagnie d’un peuple extraordinaire et j’ai découvert grâce à eux le secret de l’étang des Dieux, le secret de l’écriture. »
« Chalk, je suis désolé de te dire que tu n’as pas quitté la forêt, elle est illimitée, les savants ont raison, nous t’avons retrouvé par chance. »
« Alors, c’était un rêve !
Cet article a été commenté 4 fois | Ajouter un commentaire | Revenir en haut | Aller en bas
Mandy dit | Coucou, |
loulou dit | Louise, tout d'abord merci pour cette suite j'ai adoré. |
Bleu-marine (chez souvienstoi) dit | comme il fait bon venir te lire , chère Louise !! continues à nous enchanter autant.......je t'embrasse tendrement - |
MCM dit | Un enchantement cette nouvelle, je vais faire de beaux rêves! |






