DOMICILE FIXE 3 (fin)
Le noir et
blanc fait ressortir le côté terrible, sordide et effrayant de cette descente sociale. Je suis impressionnée par la force des regards.
Après, les photographies sont toutes aussi émouvantes, ce sont des personnes âgées qui se trouvent être hospitalisées dans le bâtiment 10. Je ressens une multitude d’émotions, à la fois le réconfort de les savoir au chaud, et, en même temps de la peine car pour la plupart, ils ne ressortiront plus jamais dehors.
La mission des infirmières n’est pas que médicale, elle consiste aussi à faire oublier aux indigents l’hostilité du monde extérieur. Un clochard au visage tuméfié montre à une infirmière un instantané pris lors de son arrivée. « Poignant ».
Plus loin, c’est une soignante qui est joliment déguisée pour rendre le lieu plus convivial, il y a un air de fête, de joie même ! Les photographies se succèdent. Mon âme éprouve alors une valse de sentiments, d’impressions, je suis tour à tour presque enjouée ou presque effarée, je ne ressens que des vibrations fortes que ce soit dans un sens ou dans un autre, aucune photographie ne me laisse indifférente.
Bravo à Isabelle qui chaque jour panse les pieds de plusieurs dizaines de SDF qui sont torturés par de longues marches, leurs pieds sont couverts de plaies d’ampoules, stigmates douloureux d’années d’errance. Un peu plus loin, c’est une séance de coiffure pour une petite mamie au regard espiègle par une autre auxiliaire de vie.
« Je respecte et j’admire ces femmes qui sans manifester la moindre répulsion s’occupent des miséreux avec un dévouement quasi maternel ». Dit Bruno Bachelet.
Oh ! Combien je m’associe à lui, j’éprouve une immense admiration pour elles. Merci à vous mesdames du fond du cœur. Merci aussi à tous les médecins, infirmiers, pompiers, agents hospitaliers, surveillants, bénévoles. Bravo et merci à tous, vous n’offrez un autre regard sur l’humanité ! Des trésors d’amour et oh combien ! Notre monde en a besoin !
Toutes les photographies de ces corps offerts qui à la toilette, qui à la coiffure, qui aux soins, qui à la fête, qui à table, qui aux dortoirs sont extraordinaires.
Loin de tout voyeurisme ces photographies sont des témoignages pathétiques et implacables.
Cet ouvrage est terrible et lumineux.
Cherchez une espérance
« Les pauvres sont aussi silencieux que les choses,
Et quand au hasard des chemins un foyer les accueille,
Ils y prennent place humblement comme des visages familiers,
Et s’enfoncent aux ombres vagues des décors,
Et s’effacent dans l’oubli des outils abandonnés. »
Rainer Maria Rilke, le livre de la pauvreté et de la mort.
A lire absolument.
Par Louise, Vendredi 29 Fevrier 2008 à 17:37 GMT+2 dans Histoire d'une vie (article, RSS)






