La grande prêtresse de l'aube 3

L'aube est pour Colette à la journée ce que l'éclosion est à la fleur :
Un moment dramatique et quintessencié d'existence.
De Claudine en ménage aux derniers textes, l'écrivain n'a jamais cessé de la chanter dans des pages attendries, souvent mélancoliques, où la langue atteint son plus grand pouvoir poétique.
Cinquante années de passion pour l'aurore, qu'elle proclame fièrement :
Premières heures du jour, jeunesse brève de la lumière, combien je vous aimais déjà, quand j'étais une petite fille de province. Mais ces premières lueurs que l'enfant pouvait aller accueillir, par autorisation spéciale de Sido sa mère dans la forêt de Saint-Sauveur ne sont pas seulement un spectacle.
Elles offrent une haute leçon, celle justement de la mère, qui avait le génie des aurores :
"J'entendais ma mère crier : 7 heures ! mon Dieu, qu'il est tard ! se souvient Colette et aussitôt d'ajouter : Je ne la rejoindrai jamais ? Aimer l'aurore, c'est donc tenter d'atteindre la sagesse de cette Sido qui se levait tôt, puis plus tôt, puis encore plus tôt.
C'est retrouver à chaque fois un peu du paradis de l'enfance.
Quoi d'étonnant alors qu'il arrive aux aubes d'être lactées chez Colette. Le monde m'est nouveau à mon réveil chaque matin et je ne cesserai d'éclore que pour cesser de vivre.
Poème en hommage
Sur des sons de violons en cette aube sacrée,
Je me laisse bercer par cette musique,
A la fois si douce et si pénétrante.
Elle rappelle à mon coeur,
Que chaque matin est un air neuf,
Que je me dois d'être vierge,
Pour accueillir les joies,
Et les peines,
D'un tout nouveau jour.
La lumière de l'aube enrobe
Avec délicatesse,
Mon corps et mon esprit,
Elle se fait rivière rafraichissante,
Et lave doucement
Mes craintes.
Sur des sons de violons en cette aube sacrée,
Je me laisse bercer par cette musique,
A la fois si douce et si pénétrante.
A suivre...
Par Louise, Lundi 24 Mars 2008 à 11:09 GMT+2 dans Histoire d'une vie (article, RSS)






