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Louise

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Ce blog est une invitation sur le chemin des nouvelles, des contes, et de la poésie. Si un regard peut créer l'univers les mots peuvent le transcender. Il y a aussi des collages, de la sculpture, des pensées. Avec toutes mes amitiés. Louise (tous les textes sont protégés par copyright)

Une autre chance

Jeudi 10 Avril 2008, 18:00 GMT+2Par LouiseCet article a été lu 0 fois
 
 
 
Il était fils unique, il avait tout ce qu'il voulait, il faisait des études de droit pour devenir avocat, caprice d'enfant gâté plus qu'une vraie passion voire un prétexte pour ne pas s'occuper des terres de son père tout de suite.
 
 
Il se maria à vingt cinq ans pour faire plaisir à sa famille avec une certaine Henriette de Montsac qui n'avait pour elle que sa gentillesse naturelle et des terres proches de ses parents. En bon fils, il avait dit "oui". Les noces furent somptueuses, magiques, la nuit fut triste à mourir, la jeune femme n'offrit que ses charmes de débutante. Il croyait que toutes les femmes étaient habiles aux jeux de l'amour.
 
 
Très vite il se lassa de son épouse et retourna à ses conquêtes faciles. Cependant leur union porta ses fruits rapidement, la douce Henriette accoucha de jumeaux, d'un garçon et d'une fille. Alphonse et Adélaïde. Il reprit tout naturellement sa vie d'homme libre, avocat à ses heures, mari et père qu'en il s'y trouvait obligé. Durant quelques années tout se passa plutôt bien, ses parents vendirent des terres au fur et à mesure de ses dettes. Le malheur voulut que son père partit en quelques jours d'une forte fièvre. Les obsèques furent digne de la réputation de la famille malgré les premiers signes du futur déclin.
 

Les terres d'Henriette apportèrent à leur tour assez de revenus pour vivre et garder la grande propriété à peu près en état mais ses caprices ne s'arrêtaient jamais, les femmes, les jeux, les courses et l'alcool vinrent à bout des terres de celle-ci. Ils durent vendre la propriété. Ils se retrouvèrent dans un petit appartement dans une rue commerçante. Adélaïde fut rapidement mariée à un clerc de notaire et Alphonse devint comptable. Henriette se mit à la couture et la grand-mère aidait de son mieux pour la cuisine. Il y avait longtemps qu'ils n'avaient plus de domestiques. 

Il y eu un temps de mieux grâce aux salaires du fils et au départ de la fille mais Arthur ajouta à ses activités extérieures un nouvel élément, le manque de goût pour le travail. Il ne traita progressivement plus aucune affaire, et, le fils se maria rapidement à son tour avec une fille de commerçant. La misère alors s'installa, la grand-mère eut l'intelligence de mourir rapidement d'une pneumonie, elle fut enterrée le plus simplement du monde. Le couple avait juste de quoi ne pas la laisser à la fosse commune. Elle n'avait jamais porté la moindre protestation, elle avait tout vécu avec le même regard béant d'admiration sur ce fils tant désiré.

Un mois après l'enterrement sa femme et lui emménagèrent dans une chambre de bonne sous les toits dans un très vieil immeuble loin de la ville. Henriette n'était plus que l'ombre d'elle-même, ses enfants lui manquaient terriblement, elle n'avait eu de l'affection que de leurs parts. Ils ne venaient plus, la honte sans doute. La nourriture parfois se faisait rare, elle avait froid le plus souvent, et ses travaux de couture ne suffisaient pas à les faire vivre.   

Arthur se mit à rentrer de moins en moins souvent pourtant jamais Henriette ne se plaignait puis un jour, il ne rentra plus du tout. Durant trois ans, il ne prit aucune nouvelle d'Henriette. Il vivait seul dans un arbre, il était devenu, lui, le maître si puissant, l'héritier, le fils unique, un vagabond. Il passait son temps à se souvenir de ses jours fastes et heureux. Il aurait bien voulu retourner vers sa femme mais il n'osait pas. Il n'était plus qu'un alcoolique, vieux, sans un sou.

Un jour, il découvrit une boîte de boutons au milieu de ses détritus, il aurait pu la laisser là mais cette boîte lui brûlait les yeux. Il ressentait à son contact comme un vent glacial dans ses os, il avait causé tant de mal à sa famille. Cette boîte était comme sa conscience, le reproche du néant de sa vie.

Rêvait-il ? Il resta à la contempler une éternité, il ne cherchait même pas à reprendre ses esprits. Quelque chose de plus fort que lui l'obligeait à la garder, et, ce fut justement le matin suivant que sa vie bascula.

Un homme âgé d'une cinquantaine d'années fort bien habillé s'arrêta et lui demanda où il avait trouvé cette boîte à couture. Arthur répondit honnêtement qu'il n'en savait rien. Elle était peut être là depuis le début de son installation dans cet arbre ou peut être était-ce le vent ? En tout cas Arthur avait bien fait de l'avoir gardée avec lui. L'homme était à sa recherche depuis la disparition de sa femme, elle était tout ce que représentait son épouse. Il fit une proposition pour l'acquérir alors Arthur saisit sa chance. Il demanda de quoi vivre avec sa femme pour le reste de ses jours. L'homme ne broncha pas, il sortit de sa veste de gros billets contre la boîte à couture et s'en alla.

Arthur retourna vers Henriette en espérant qu'elle serait toujours au même endroit. Il frappa à sa porte, attendit quelques instants qui lui parurent une éternité. Une vieille femme très mince et aux regards doux lui ouvrit, elle mit sa main droite à la bouche, aucun son ne sortit sur l'instant puis au bout d'un moment, elle lui dit : "Entrez Arthur".

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MCM dit

Continue de nous écrire de belles histoires comme celle-ci, c'est un vrai plaisir de venir te lire.
Passe une bonne journée!

Mardi 15 Avril 2008, 14:18 GMT+2 | Retour au début

Bonjour Louise


Belle écriture. Joli récit. Mais ces égoïstes se reprennent rarement.
douce journée
Bernadette

Mardi 15 Avril 2008, 18:11 GMT+2 | Retour au début

Histoire de destinées entre bonheur et décadence, chute et hasard. Une boite symbole de rédemption?

Samedi 19 Avril 2008, 06:36 GMT+2 | Retour au début