
« Bonjour madame Darelle, suivez-moi, nous allons dans mon bureau, nous serons mieux pour parler. »
Liliane sentait ses jambes se dérober sous elle, elle avait des acouphènes dans les oreilles, elle était prête à s’évanouir, mais elle devait résister, elle allait enfin savoir. Elle mit plusieurs fois sa main gauche contre le mur pour ne pas tomber. Il y avait de grosses marches d’escaliers à grimper pour arriver enfin dans un bureau de quinze mètres carrés environ, à la couleur lugubre, et, froide. Heureusement, il y avait une fenêtre assez grande, autrement on aurait pu déjà se croire en cellule. Elle prit place sur un fauteuil très élimé, il avait sans aucun doute servi souvent, soit pour des interrogatoires, soit pour des révélations, comme pour elle aujourd’hui.
Quinze jours plus tard en milieu d’après-midi, le salon était bondé, tous les fauteuils étaient pris, toute l’équipe s’affairait à satisfaire les clientes quand tout à coup, tout s’arrêta net dans le salon, les peignes restèrent suspendus au-dessus des têtes, toutes retenaientt leur souffle. L’information venait de la radio locale, l’assassin présumé du salon de coiffure « Pour Elle » venait d’être arrêté et était placé en garde à vue.
C’était l’abasourdissement, après un instant de grand silence, les langues se déliaient, c’était une vraie ruche en crise. La patronne se mit à pleurer, elle ne savait si ce n'était de soulagement, de peur, ou de joie, de savoir qu’enfin elle pourrait mettre un nom, et, un visage sur celui qui lui avait enlevé son mari et le père de son enfant
« Sur son enfance, pas grand-chose, il a été élevé par sa mère jusqu’à ses dix ans et, puis elle est décédée d’alcoolisme, je crois. Son père, il ne se savait pas trop qui c’était. Ce n’est pas facile à dire, je ne l’ai appris que très tard dans notre relation, André avait peur que je ne le vois plus de la même façon, il en souffrait beaucoup, sa mère avait eu de nombreuses aventures, et, après elle s’était prostituée pour boire alors savoir de qui il était le fils, vous voyez, je ne peux pas connaître mon beau-père. »
« Buvez votre café, je vous en prie car ce que je vais vous apprendre risque de vous bouleverser. »
« Bonjour, puis-je vous voir madame Darelle, j’aurai besoin de vous parler en tête à tête. »
« Sylvie, je pars un moment avec l’inspecteur Legendre, vous vous occupez de tout, vous penserez à madame Vallon qui doit passer pour prendre sa perruque, elle est prête, je l’ai mise derrière la banque, merci, à tout à l’heure. »
« Il s’appelle monsieur Legendre et c’est un inspecteur, il est plutôt pas mal, il a de belles épaules pour se consoler, qu’est-ce que vous en dîtes les filles. »
« Sylvie, T’as de ces idées ! » riait Josy
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